Mercredi 7 janvier 2009
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…. le vent violent chargé de
pluie risquait à tout instant d’éteindre nos torches. Trois jours que nous le poursuivions dans cette contrée glaciale, mais durant ses dernières heures de traque les choses semblaient n’avoir
fait qu’empirer, et j’avais de plus en plus le sentiment qu’au lieu de fuir à perdre haleine, il cherchait à nous entraîner délibérément sur son terrain. Les grandes voies, bordées d’accueillante
verdure, s’étaient soudain transformées en de petits chemins sinueux et serpentant contre le flanc de la montagne. Les arbres feuillus avaient fait place aux résineux, et la nuit blême
m’inspirait de moins en moins confiance… alors que j’étais sur le point de renoncer à cette périlleuse chasse, un cri déchira les ténèbres.
Maelborn était tombé de
cheval, du moins c’est ce que je crus avant que sa monture ne s’affale de même, laissant entendre un horrifiant hennissement.
Je hurlais dans mon heaume,
et sortant précipitamment ma large épée de mon fourreau, je m’avançais prestement, quoique prudemment, vers mon compagnon d’arme effondré par terre. Son cheval était raide mort, la gorge tranchée
sur une terrifiante profondeur, quant à Maelborn, il gisait au sol, son sang se mélangeant à l’eau de la pluie : son armure s’était fait entailler sur le côté, au niveau de la ceinture. Sa hanche
devait être entamée, car il lui était impossible de se relever.
Alcastre, qui m’avait suivi,
mit pied à terre et essaya de le soulever pour le remettre debout. Ils échangèrent quelques mots dont je ne saisis pas le sens tant le vent mugissait à mes oreilles. Nerveux, je faisais piétiner
mon destrier, parce que même si j’espérais le contraire, je sentais qu’il n’allait pas en rester là. Ce n’était plus une semonce… Nous avions été imprudents, il nous avait attiré près de son
antre.
A cette pensée, un sinistre
craquement retentit lugubrement. Alcastre s’arc-boutait pour faire monter Maelborn sur sa monture, autour, rien que la forêt menaçante, et toujours le craquement : je compris trop
tard ! Il me faut faire quelque chose… impuissance…
L’immense pin s’affaissa de
toute sa ramure, nous engloutissant dans ses branches. Hennissant, mon cheval se cabra de toutes ses forces en me projetant brutalement en arrière.
Me redressant en titubant,
j’aperçus les dépouilles de nos destriers, tâches sombres gisant sous des branches brisées, sans voir mes compagnons d’armes qui avaient entièrement disparu dans l’enchevêtrement. Ma chute
avait été salvatrice, m’épargnant les branches meurtrières, et je serrais encore mon épée que malgré mon vol plané je n’avais pas voulu lâcher. Sa présence me rassura un tout petit peu, avant
qu’un objet n’heurte mes pieds dans un bruit mat. Un casque ? ! Avec la tête d’Alcastre à l’intérieure, sectionnée. Un hurlement m’emplit la gorge, sans pourtant parvenir à sortir. Plus
de monture, mes compagnons en charpie…
Sa silhouette se détacha sur
le chemin, et son impressionnante stature s’avança vers moi, sa hache à double tranchants luisant sous la bruine. Celle-là même qui venait de régler le sort d’Alcastre.
Il venait fièrement me braver
à découvert… L’heure de voir qui d’un prince dragon ou d’un vulgaire troll vendrait le plus chèrement sa peau en combat singulier était venue ! Il allait me payer la mort de mes compagnons.
Je m’avançais…
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